WE SAFE : résidence de travail à Marseille et Grenoble

WE SAFE est un projet d’échanges de bonnes pratiques autour de la réinsertion socio-professionnelle et de l’hébergement des femmes détenues et des victimes de violences conjugales. Le projet est porté par Lazzarelle (I), Solidarité Femmes 13 (F) et Solidarité Femmes (B) et bénéficie d’un financement Erasmus+.

WE SAFE est un projet européen visant à promouvoir l’autonomisation de femmes en situation de grande vulnérabilité socio-économique. Ce projet a pour objectif de renforcer les outils et les compétences nécessaires à la construction de parcours efficaces pour sortir de la violence conjugale et pour se réinsérer dans la société, en s’appuyant sur deux leviers essentiels : l’accès à un logement sûr et le soutien à l’indépendance économique par l’emploi et l’inclusion sociale.

Le projet comprend trois résidences de travail dans chacun des trois pays impliqués. Du 9 au 13 février 2026, une première résidence s’est tenue en France, à Marseille – chez nos partenaires de Solidarité Femmes 13 – et à Grenoble.

La délégation belge est composée de Josiane Coruzzi, directrice générale de Solidarité Femmes, Veronica Saldi, responsable de l’équipe éducative du refuge, formatrice (Pôle de ressources et autodéfense) et chargée de projets, et Amandine Mélan, chargée de communication et de projets pour l’association.

Lundi 9 février

Lundi 9 février, c’est dans une brasserie du Vieux Port que commence la résidence. Nous avons rendez-vous pour le repas de midi avec nos partenaires françaises de Solidarité Femmes 13. Avant cela, Amandine et Veronica auront pris le temps d’une première et rapide exploration du Vieux Port et du quartier du Panier. Marseille leur renvoie d’emblée une première impression de liberté, de créativité, d’accueil, de cosmopolitisme, de militantisme et même de féminisme. Il n’en faut pas plus pour les séduire.

Veronica et Amandine font la connaissance de Sophie Piolo, la directrice de Solidarité Femmes 13. Bruxelloise de naissance, Marseillaise d’adoption, elle et Josiane sont en lien depuis plus de 20 ans et ont déjà quelques combats féministes en commun à leur actif.

Nous rencontrons aussi Alice Magot, responsable de l’hébergement chez Solidarité Femmes 13, Marion Delahaye, chargée de projets, et évidemment Celia Raspati, chargée de projets elle aussi et coordinatrice de l’aventure We Safe. Peu après se joindront au groupe les partenaires italiennes de la coopérative Lazzarelle qui s’occupe de réinsertion socioprofessionnelle de femmes détenues à Naples : Anna Maria Giordano et Ilaria Muzzica.

L’après-midi est consacrée à une visite commentée des locaux de Solidarité Femmes 13 accessibles au public, ainsi que des espaces de travail des professionnel.les. Nous ne verrons pas les logements pour femmes car ils sont actuellement disséminés dans la ville et sur le territoire des Bouches-du-Rhône. Solidarité Femmes 13 gère, outre celui de Marseille, des bureaux d’accueil à Istres et à Aix-en Provence. Des permanences sont assurées dans plusieurs localités du département. En 2024, Solidarité Femmes 13 a réalisé 3554 accueils de femmes victimes de violences conjugales et sexuelles. Cette même année, 85 femmes et enfants ont bénéficié d’un hébergement. L’association comporte également un volet Formation et Développement.

Dans les locaux ouverts au public, Sophie nous présente l’espace dédié aux mères et aux jeunes enfants et pensé dans le cadre du projet La Tresse visant à restaurer le lien parental souvent malmené. Nous prenons également le temps de discuter avec l’intervenante en charge des ateliers d’art-thérapie de l’association et des groupes de parole. Enfin, Celia nous présente différents outils de sensibilisation développés par Solidarité Femmes. Nous connaissions déjà le violentomètre, mais pas la marelle du cycle de la violence. Nous découvrons non sans amusement la « Pêche aux connards ».

Nous terminons la journée avec une introduction sociologique proposée par Marion : elle nous retrace les évolutions juridiques et s’arrête sur les différentes grandes étapes qui ont contribué à écrire l’Histoire des droits des femmes sur le territoire français et à y dessiner un cadre juridique de protection des victimes de violences conjugales et sexuelles. Nous terminons la journée avec un quiz féministe qui favorisera les échanges et les discussions en trois langues – français, italien, anglais. Pas de gagnante au jeu en raison d’un problème technique d’explosion de buzzer par une Belge.

Mardi 10 février

La deuxième journée de résidence nous amènera dans les quartiers résidentiels de Marseille, à quelques pas des plages, dans une structure qui a longtemps fait office d’auberge de jeunesse. L’Auberge Marseillaise est désormais un lieu refuge pour femmes en situation de grande vulnérabilité, pouvant accueillir jusque 70 personnes (femmes avec ou sans enfants) aux parcours de vie parfois très différents : des femmes sans papiers, des femmes qui se sont retrouvées sans un toit, des femmes provenant du monde de la prostitution ou avec des problèmes d’addiction. Ces femmes ont pratiquement toutes été confrontées à la violence – conjugale, intrafamiliale, institutionnelle. Le projet, lancé en 2021, repose sur la coopération entre neuf associations impliquées localement dans la lutte contre la précarité (dont Solidarité Femmes 13) et bénéficie du soutien de la Ville et de l’Etat.

Dans le courant de l’après-midi, nous revenons rue du Paradis (!), dans les espaces de travail de Solidarité Femmes 13 pour une présentation par Alice du fonctionnement de l’hébergement dans leur association.

Mercredi 11 février

Pour la troisième journée de résidence à Marseille, nous profiterons du fait d’être toutes réunies pour travailler collectivement et en sous-groupes sur le projet We Safe et en particulier sur les livrables que nous nous sommes engagées à produire afin de partager les résultats de nos échanges. L’objectif poursuivi par le projet We Safe est de pouvoir développer à terme, chacune chez soi, des activités pour nos publics inspirées de ce qui existe déjà chez nos partenaires.

Nous n’avons pas besoin d’une après-midi entière pour boucler nos valises : demain, nous partirons pour le département de l’Isère et la ville de Grenoble, mais avant cela un ultime salut à la Cité phocéenne s’impose. Nous casserons la croûte à Noailles, dans une richesse multiculturelle dont nous nous délectons : sur les étals, les savons de Marseille côtoient les cosmétiques marocains, la lavande se marie avec les épices orientales. Nous gravirons courageusement la colline où est perchée la Bonne Mère, Notre Dame de la Garde, pour dire au revoir à la deuxième plus grande ville de France et sans aucun doute une des plus mythiques.

Jeudi 12 février

Nous arrivons à Grenoble en toute fin de matinée, quasiment pour l’heure du diner (ou déjeuner ou pranzo, selon les équipes). Cela tombe bien : une table nous est justement réservée à l’Arbre fruité, un restaurant-traiteur solidaire, derrière lequel se cache un beau projet d’insertion professionnelle visant plus particulièrement les femmes – premières exclues, comme nous ne le savons que trop bien – du marché de l’emploi. Ce n’est pas un hasard si nous faisons étape dans ce restaurant : il est rattaché à la Fondation Boissel, tout comme l’association Pluri-Elles, que nous visitons en après-midi. Pluri-Elles propose un service d’hébergement et d’accueil de jour pour les femmes victimes de violences conjugales et leurs enfants, ainsi qu’une pension de famille mixte pour personnes précarisées et en situation d’isolement. Cette visite donnera lieu à de riches échanges entre les différentes équipes et à une confrontation internationale en matière d’accompagnement des femmes.

La première résidence se termine. Nous nous donnons rendez-vous à Naples en mai, pour découvrir la réalité de travail des Lazzarelle. Affaire à suivre !

Et parce que loin des yeux ne veut pas dire loin du cœur :

Lien vers le projet WE SAFE