WE SAFE : résidence de travail finale en Belgique

WE SAFE est un projet d’échanges de bonnes pratiques autour de la réinsertion socio-professionnelle et de l’hébergement des femmes détenues et des victimes de violences conjugales. Le projet est porté par Lazzarelle (I), Solidarité Femmes 13 (F) et Solidarité Femmes (B) et bénéficie d’un financement Erasmus+.

WE SAFE est un projet européen visant à promouvoir l’autonomisation de femmes en situation de grande vulnérabilité socio-économique. Ce projet a pour objectif de renforcer les outils et les compétences nécessaires à la construction de parcours efficaces pour sortir de la violence conjugale et pour se réinsérer dans la société, en s’appuyant sur deux leviers essentiels : l’accès à un logement sûr et le soutien à l’indépendance économique par l’emploi et l’inclusion sociale.

Le projet comprend trois résidences de travail dans chacun des trois pays impliqués. Du 9 au 13 février 2026, une première résidence s’est tenue en France, à Marseille – chez nos partenaires de Solidarité Femmes 13 – et à Grenoble. Du 18 au 20 mai, une deuxième résidence a été organisée à Naples, chez nos partenaires italiennes de Lazzarelle. Du 22 au 25 septembre, la troisième et dernière résidence s’est tenue en Belgique, entre La Louvière, Liège et Bruxelles.

Mardi 22 septembre

La résidence belge commence avec un imprévu contrariant : nos Lazzarelle, Anna Maria et Ilaria, n’ont pas pu prendre leur avion de Naples la veille au soir en raison d’une grève. Elles arriveront avec 24 heures de retard et rateront malheureusement la première journée. Nous nous retrouvons dès lors entre francophones avec nos partenaires marseillaises de Solidarité Femmes 13 : Alice, Celia, Marion et Sophie. Elles arrivent en gare de La Louvière Centre sous un soleil radieux qui les accompagnera pendant toute la durée de leur séjour. Amandine les y attend pour les escorter jusqu’à notre nouvelle maison, siège de nos services ambulatoires. Après une visite des lieux au cours de laquelle elles auront notamment la possibilité de discuter avec Manon, notre criminologue, nous gagnons la salle de réunion où Amandine leur présente brièvement nos différents axes de travail – en hébergement et en post-hébergement, en ambulatoire et dans le cadre du Pôle de ressources en violences conjugales et intrafamiliales – avant de céder la parole à Cécile, notre directrice de l’hébergement. Cécile propose à nos invitées une réflexion sur l’intervention féministe intersectionnelle auprès des femmes que nous accompagnons. Les échanges sont riches et débordent même du planning tant le sujet touche les cordes sensibles citoyennes et militantes. Durant la pause midi au restaurant, les casseroles de moules marinières envahissent la tablée. Nous regagnons ensuite avec nos invitées la salle de réunion pour une présentation synthétisée de la grille de lecture du Processus de Domination Conjugale par Veronica, habituée à l’expliquer dans le cadre des formations du Pôle de ressources. Cette grille de lecture permet une compréhension fine des dynamiques relationnelles en situation de violences conjugales, en analysant les positionnements de l’auteur comme ceux de la victime et en les envisageant d’un point de vue systémique. La première journée – en français sans sous-titres – se clôture. Deux de nos administratrices, Emmanuelle et Laurence, nous auront même fait le plaisir de passer nous dire bonjour et saluer nos invitées. Nous donnons rendez-vous à nos partenaires à la gare le lendemain matin pour une journée – bilingue cette fois – qui débutera par une visite de la maison d’hébergement.

Mercredi 23 septembre

A la gare de La Louvière Sud, nous retrouvons nos partenaires We Safe au complet : Anna Maria et Ilaria sont arrivées à Bruxelles la veille au soir. Amandine et Veronica les véhiculent jusqu’à notre maison d’hébergement dont l’adresse est tenue secrète pour pouvoir y héberger des femmes en danger. La visite est rapide mais des échanges naissent spontanément entre nos visiteuses et certaines femmes présentes dans la maison ce matin. La deuxième partie de la matinée est prise en mains par une partie de nos équipe éducative. Francesca, Kathy, Malhory et Maya présentent les outils d’intervention auprès des enfants. Chez Solidarité Femmes, l’accompagnement des enfants est central. On sait maintenant qu’ils sont bien plus que de simples témoins et les impacts sur eux d’une exposition à la violence sont nombreux et variés. Nos éducatrices travaillent ainsi avec eux, en individuel ou en groupe, les questions de la sécurité, des émotions, des facteurs de protection et de l’estime de soi, souvent très abimée. Le repas de midi a été préparé par Sevim, notre cuisinière, sous la forme d’un buffet froid convivial. Pour contrecarrer les effets de la digestion, Veronica propose au groupe une introduction à l’autodéfense féministe, merveilleux et puissant outil de reprise de pouvoir des femmes. L’après-midi se poursuit sur un moment de réflexion et de planification autour de la dernière ligne droite du projet We Safe. Après cela, tandis qu’Alice et Veronica prennent un peu de temps pour se pencher ensemble sur la finalisation du livrable sur l’hébergement, les Lazzarelle sont invitées à une séance de rattrapage express et en italien d’une partie de ce qu’elles ont raté la veille : présentation accélérée du Processus de domination conjugale et retour à La Louvière pour une visite personnalisée de nos services ambulatoires.  

Jeudi 24 septembre

Jeudi 24, accompagnées de notre ambassadrice Veronica, nos partenaires françaises de Solidarité Femmes 13 et nos partenaires italiennes de Lazzarelle mettent le cap sur la ville de Liège. Marie-France Brundsaux, coordinatrice du département SOFFT (Service d’Orientation et de Formation pour Femmes à la recherche d’un Travail), a eu la gentillesse d’accueillir le groupe dans les locaux de ce service d’insertion socio-professionnelle et de formation pour femmes qui dépend du CVFE, le Collectif contre les violences familiales et l’exclusion, association-sœur de Solidarité Femmes, qui partage les mêmes combats. Antoinette Corongiu, la directrice du CVFE, est d’ailleurs là pour présenter le collectif et partager avec nos visiteuses son expérience de terrain. Elle cède ensuite la parole à Marie-France pour une présentation du travail d’insertion socioprofessionnelle de SOFFT – une présentation qui rejoint le deuxième axe de notre projet We Safe, le premier portant sur l’hébergement. La visite liégeoise se poursuit dans l’après-midi avec la rencontre des intervenants du Divico de Liège, Loris et Nicolas. Le Divico est un dispositif interdisciplinaire de lutte contre les violences dans le couple, développé par le Pôle de ressources en violences conjugales et intrafamiliales, il permet de réduire les délais d’intervention et de faciliter la communication entre les services pour des situations de violences conjugales à haut risque (de féminicide, de suicide ou d’enlèvement parental). La parenthèse liégeoise prend fin dans l’après-midi. C’est l’heure des premiers aurevoirs car une partie du groupe repart tôt le lendemain matin.

Vendredi 25 septembre

Celia, Marion et Sophie retrouvent Veronica à Bruxelles pour la toute dernière visite, celle de l’ASBL Rizome. Rizome est un service d’aide aux justiciables qui propose aux personnes qui sortent de prison un accompagnement à la recherche d’un logement et d’un travail. Après trois journées où le focus a été placé sur les femmes victimes de violences conjugales, cette dernière rencontre nous permet de boucler la boucle en intégrant la question carcérale. We Safe est en effet un projet de coopération internationale autour de la double question de l’accès au logement et de l’insertion socioprofessionnelle pour les femmes qui ont un parcours de violences conjugales et pour celles qui ont vécu une période de détention.

La troisième et dernière résidence We Safe est maintenant terminée. Nos échanges se poursuivront à distance, avec la complicité des dispositifs de visioconférence. Le projet We Safe verra sa conclusion définitive au début du printemps prochain. D’ici là, des ateliers en interne et des événements de diffusion publique en France et en Italie doivent encore être organisés. Et un point final doit être apporté aux différents livrables qui laisseront une trace écrite de ces riches échanges.

Lien vers le projet WE SAFE