Je suis victime de violences conjugales

Je suis victime de violences conjugales, que faire ?

Briser le silence, en parler

C’est plus facile à dire qu’à faire. Vous avez surement des raisons compréhensibles de vous taire.

Peut-être que vous pensez être responsable des violences que votre conjoint exerce sur vous.

Peut-être avez-vous peur d’agir (de parler, de partir, de dénoncer…) parce que votre conjoint vous menace : il dit qu’il va vous tuer ou s’en prendre aux enfants, qu’il va se suicider, que vous perdrez vos droits, vos enfants, votre permis de séjour…

Peut-être avez-vous peur que, s’ils l’apprennent, vos proches vous demandent pourquoi vous restez, remettent en question votre comportement et vous blâment, ou, pire encore, refusent de vous croire…

Chez Solidarité Femmes, nous sommes concient.es de tout ça. Nous comprenons que la démarche de sortir du silence n’est jamais facile. Mais il est important pourtant que vous sachiez que la situation n’est pas normale, que vous n’y êtes pour rien.

Si vous le pouvez, parlez de votre situation à une personne de confiance : un.e proche, un.e collègue, un.e voisin.e, le médecin, le/la pharmacien.ne.

Choisissez bien cette personne de confiance. Elle doit pouvoir vous écouter sans vous juger ni vous bousculer. Elle doit chercher à réellement comprendre ce que vous ressentez et ne pas vous dire « moi à ta place… »

Le mieux est souvent de contacter une personne spécialisée dans les questions de violences conjugales.

Pour commencer à réfléchir, pour poser toutes les questions qui vous angoissent, pour dialoguer avec une personne qui comprend vraiment ce qui se passe en vous, qui respecte vos choix, qui peut vous donner les bonnes informations et/ou vous orienter vers des professionnel.les spécialisé.es si vous le souhaitez.

Vous pouvez nous appeler 24h sur 24 au 064 21 33 03. Vous pouvez appeler la ligne d’écoute gratuite 0800 30 030. Des écoutant.es spécialisées sont au bout du fil du lundi au dimanche, de 8h à 20h. Si vous préférez vous exprimer par écrit, vous pouvez utiliser le chat du site Ecoute Violences Conjugales (du lundi au vendredi, différentes plages horaires en journée).

Notez bien que les intervenant.es spécialisé.es que vous pourriez contacter ne feront rien sans votre consentement. Vous êtes et vous resterez toujours actrice de vos choix. Si vous souhaitez partir, c’est vous et personne d’autre qui déciderez du moment approprié pour le faire.

Ce que Solidarité Femmes peut faire avec vous :

  • Vous offrir une écoute, répondre à vos questions, vous aider à y voir plus clair – pour vous-même mais aussi pour une personne proche
  • Vous donner des indications précises quant à un éventuel départ, vous aider à organiser celui-ci
  • Vous aider à évaluer la dangerosité de la situation et à élaborer des scénarios de protection (par exemple : cacher un « téléphone de secours » pour ne jamais rester isolée au cas où votre conjoint confisquerait le vôtre)
  • Vous offrir un accompagnement thérapeutique – que vous soyez encore en couple avec le conjoint violent ou après l’avoir quitté, car les personnes qui ont vécu de la violence conjugale sont souvent sujettes aux chocs post-traumatiques et à la dissociation
  • Vous offrir un accompagnement social, vous aider à faire face aux différentes démarches administratives qui se présentent à vous après la séparation (bénéficier d’une aide sociale, changer d’adresse, etc.)
  • Vous offrir un accompagnement juridique (préparer les audiences au tribunal, obtenir des informations quant à l’accueil des enfants, etc.)
  • Vous mettre à l’abri des violences en vous proposant un hébergement dans notre maison d’accueil à l’adresse secrète, ou en vous orientant vers une autre maison d’accueil si la nôtre est complète
  • Vous proposer de participer à nos groupes de paroles ou à nos ateliers, afin de rencontrer d’autres personnes ayant vécu une situation similaire à la vôtre et pour retrouver confiance en vous et en vos capacités

Si vous partez, soyez bien consciente que quelle que soit la situation dans laquelle vous vous trouvez (c’est la nuit et un couvre-feu est en vigueur, vous êtes en situation irrégulière sur le territoire national, votre conjoint n’est pas dans son état normal et/ou menace de se suicider…), vous avez le droit de vous enfuir et vous bénéficierez d’une protection, ainsi que vos enfants.

Suis-je victime de violences conjugales ?

Il n’est pas toujours facile de s’identifier comme victime de violences conjugales. Parce qu’on ne subit pas de violences physiques. Parce qu’on ne se retrouve pas dans l’appellation de « victime » : on croit à tort qu’une victime est une personne faible et passive. Parce qu’on pense que les violences conjugales ne concernent que les personnes adultes, engagées dans des relations stables, vivant sous le même toit. Parce qu’on pense que les violences post-séparation ne sont pas des violences conjugales. Si vous avez le moindre doute sur votre relation (y compris sur une relation terminée) ou concernant une personne proche, nous vous invitons à former le 064 21 33 03 ou le 0800 30 030. Les personnes au bout du fil répondront à toutes vos questions. Les deux questionnaires ci-dessous élaborés respectivement par SOS Violences Conjugales (Canada) et La Maison du Réconfort (Canada) sont également très utiles pour identifier des violences au sein de votre couple ou après votre séparation.

Est-ce que je subis de la violence conjugale ?

Questionnaire interactif de SOS Violence Conjugale

S’agit-il de violences post-séparation ?

Questionnaire interactif de la Maison du Réconfort

Ressources en ligne et numéros de téléphone pour les victimes :

  • 112 : si quelqu’un est blessé, si une aide médicale urgente est nécessaire
  • 101 : pour une intervention policière