Parental Alienation and Domestic Violence : International Partnership for Innovative

Le « syndrome d’aliénation parentale » (SAP), un concept non fondé scientifiquement qui décrédibilise les mères et leurs enfants et les met potentiellement en danger : tel est le sujet de notre recherche actuelle qui s’inscrit dans un projet international supervisé par Simon Lapierre du Collectif de recherche FemAnVi de l’Université d’Ottawa.

Le « syndrome d’aliénation parentale » (SAP) a été décrit par le pédopsychiatre Richard Gardner comme un ensemble de troubles psychologiques présents chez l’enfant ou l’adolescent dont un parent dit « aliénant » essaie de l’éloigner de l’autre parent (le parent « aliéné ») par une campagne de dénigrement et de diffamation injustifiée, à la limite de l’endoctrinement. Ce soit disant syndrome n’est pourtant pas répertorié au sein du DSM et n’a finalement pas de fondement scientifique. Richard Gardner lui même est un personnage controversé en raison notamment de certaines affirmations pro-pédophilie. Dans un contexte de violences conjugales il arrive très souvent que l’auteur des violences, au moment de décider des modalités de garde des enfants après la séparation, accuse la mère d’aliénation parentale. Ce faisant, il la décrédibilise et perpétue à son égard une forme de violence conjugale. Dans le cas où ces accusations sont prises au sérieux par un juge, la sécurité même des enfants peut être compromise, quand un danger est bien réel mais que la parole et le ressenti de la mère et des enfants ne sont pas entendus, afin de maintenir coûte que coûte le lien parental avec le père.

Dans un premier temps, nous procéderons à une collecte de données dans le but de documenter les impacts des discours et des pratiques d’aliénation parentale sur les femmes victimes de violence conjugale et leurs enfants ainsi que sur les organisations communautaires qui travaillent avec ces femmes.

Dans un deuxième temps et avec la collaboration d’autres chercheurs et organismes communautaires en Belgique francophone, nous identifierons les études de cas pertinentes et les répondants potentiels et nous procéderons à l’analyse de ces études de cas.

Nous confronterons les résultats de notre recherche avec nos partenaires internationaux dans le cadre d’une conférence qui sera organisée par l’Université d’Ottawa. Nous explorerons ensemble les possibilités d’outils d’intervention, nous travaillerons avec nos partenaires au développement et à la validation de ces outils qui pourront en outre être utilisés pour sensibiliser et former les professionnel.les du monde judiciaire et de la protection de l’enfance.